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Ngazidja est une société d'immigrés:
C'est une île qui, inhabitée voici deux millénaires, a reçu à travers des siècles des vagues d'immigrés qui ont, chacune, apporté des spécificités culturelles. A partir des données anthropologiques, historiques,archéologiques et linguistiques, il est possible de rétablir une histoire de l'île et étudier les apports de chaque culture. L'emplacement des Comores nous permet de formuler quelques hypothèses quant à leur colonisation. L'archipel était suffisamment éloigné de la côte africaine pour être à l'écart des visites régulières avant notre ère par les habitants de la côte, qui, selon l'évidence disponible et quel que soit leur identité, ne détenaient pas la connaissance requise pour effectuer des voyages en haute mer. Les premiers habitants ont donc dû attendre l'arrivée des peuples avec les compétences technologiques nécessaires. Les premiers arrivés, selon la tradition, seraient des juifs venus du proche orient à l'époque du roi Salomon; bien qu'il n'y ait aucune confirmation concrète de cette visite, certains chercheurs situeraient les mines d'or d'Ophir, pour lesquelles les navires de Salomon ont rendu visite, dans l'actuel Zimbabwe .Et si Hérodote (dans le quatrième livre de son histoire) raconte la circumnavigation de l'Afrique par une flotte phénicienne au VIIème siècle avant J.-C., ne serait-il pas possible que l'un d'entre eux aurait posé le pied à Ngazidja? Sans accepter, ni forcément rejeter le fait des visites aussi précoces, le premier texte qui parle avec autorité de la côte est-africaine est le Périple de la mer Erythrée (Casson, 1989). Ce document, écrit entre 40 et 70 ap. J.-C. par un marchand grec d'Egypte, nous parle de la ville de Rhapta (à situer vers Dar es Salaam) et l'île de Menouthias (fort probablement Zanzibar). Déjà à cette époque la ville de Rhapta était tributaire, de l'ancien droit, au royaume sabéen de l'Arabie méridionale ; elle exportait de l'ivoire, de l'écaille de tortue, de la corne de rhinocéros et des coquillages. Pour l'auteur, la ville ne fut que "presqu'à la limite du